Jeux Olympiques d'hiver: le CIO sous pression
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Photo : Février
2006, un " moniteur de ski
" de CCC-Belgique manifeste
son engagement pour les droits des
travailleurs des vêtements
de sport dans une grande rue commerçante
de Bruxelles.
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Les Jeux Olympiques d'hiver qui se sont déroulés
à Turin (Italie) en février
2006 ont placé le Comité
International Olympique (CIO) au coeur
d'une campagne de pression continue. Comme
à Athènes en 2004, il s'agissait
de faire passer un message simple: les
idéaux olympiques de respect, de
dignité et de justice doivent aussi
s'appliquer aux travailleurs qui fabriquent
les vêtements de sport.
La Play Fair Alliance, qui rassemble
des syndicats et des groupes de défense
des droits des travailleurs du monde entier,
a continué à faire pression
à cette occasion, dans le cadre
de sa stratégie "d'Athènes
à Pékin ". Lors de
la préparation des jeux de Turin,
CCC a publié un rapport intermédiaire
intitulé "How Are They Doing
? ", faisant le point sur les démarches
entreprises sous la pression de la campagne
par le CIO, par la Fédération
Mondiale de l'Industrie des Equipements
Sportifs et par sept grandes marques de
vêtements de sports pour améliorer
les conditions de travail dans le secteur.
La CCC déplore en particulier
que le CIO ne s'engage toujours pas à
ce que le mouvement olympique garantisse
le respect des droits des travailleurs
définis par les accords internationaux.
En octobre 2005, la Confédération
Internationale des Syndicats Libres a
rencontré au nom de la Play Fair
Alliance les responsables du département
marketing du CIO, Le CIO a bien entrepris
au sein de son secrétariat des
discussions sur les questions soulevées,
mais jusqu'ici ces discussions n'ont débouché
sur aucun résultat tangible.
Les citoyens ont donc été
invités, sur le site internet de
la CCC et par d'autres actions, à
envoyer un message à Jacques Rogge,
président du CIO, pour lui demander
de prendre ses responsabilités
sur les conditions dans lesquelles les
articles portant l'emblème olympique
sont fabriqués. La CCC a demandé
que le CIO, dans la Charte Olympique comme
en pratique, puisse garantir que les droits
des travailleurs soient respectés
dans tous les contrats passés en
vue des JO et ce en consultation avec
les actionnaires concernés. Rien
que pour le réseau hollandais,
dont font partie les membres de la Fédération
Hollandaise des Syndicats, quelque 1200
messages ont été envoyés
à M. Rogge. Nous attendons toujours
de l'entendre.
Tempête de neige sur la Belgique
En matière de sports d'hiver,
la Belgique n'est pas une grande nation.
Seuls quatre athlètes belges ont
pris part aux jeux de Turin. Mais en terme
de défense des droits des travailleurs,
c'est un pays de poids : lors de la préparation
des Jeux d'Athènes, des activistes
ont en effet apporté une pétition
de plus de 100000 signatures au Comité
National Olympique Belge et à l'entreprise
de vêtements de sport Fila.
Pour entretenir la flamme lors des Jeux
de Turin, des militants vêtus de
vêtements de sports d'hiver ont,
le 15 février 2006, provoqué
une tempête de neige à Bruxelles,
en incitant les passants d'une rue animée
à prendre part à ces "
Jeux d'hiver ". L'action a attiré
une large attention de la part du public
comme de la presse.
L'action était soutenue par le
Collège Communal de Bruxelles,
qui a profité de cette occasion
pour annoncer qu'il inclurait une "clause
sociale " à tous les marchés
publics qu'il passerait à l'avenir
pour les vêtements de travail de
ses employés.
Pour plus d'information, www.vetementspropres.be
and www.wsm.be
Pays-Bas: Rompre la glace avec la monarchie
?
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Photo : Militants
de CCC-Pays-Bas rassemblés
face au Palais Royal des Pays-Bas
à La Haye, pour s'adresser
au Prince Guillaume-Alexandre, membre
du Comité International Olympique.
On peut lire sur leur pancarte "
Willem Wordt Wakker", ce qui
signifie "Guillaume. lève-toi",
titre d'un tube des années
soixante.
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Le Prince héritier Guillaume-Alexandre
est membre du CIO pour les Pays-Bas. C'est
pourquoi, en février dernier, les
activistes de CCC-Pays-Bas sont allés
frapper à la porte de son palais
de La Haye, brandissant le "Programme
of Work for the Sportswear Industry"
(POW) et lui demandant de s'engager personnellement
à améliorer la situation
des droits du travail dans les usines
produisant les articles qui portent l'emblème
olympique. Bien que les militants aient
arboré des tenues orange, la couleur
royale du pays, les gardes du palais leur
ont refusé l'entrée et le
POW est resté à la porte.
Et malheureusement le Prince n'a encore
donné aucune réponse à
ce jour.
Royaume-Uni: Le Père Noël devra
repasser
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Photo
: Comme en juin 2004 lors de la
préparation des Jeux d'Athènes,
les Dieux de l'Olympe ont fait irruption
dans une des rues commerçantes
de Vienne en février 2006,
en brandissant un tableau d'affichage
où l'on pouvait lire : "Droit
du travail dans l'industrie des
vêtements de sports : niveau
zéro ". Les militants
ont distribué des cartes
postales à envoyer à
Jacques Rogge, président
du CIO.
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Le 25 novembre 2005, Le Père Noël
est venu très en avance rendre
visite à Philip Green sur le site
du Top Shop Store, (Oxford Circus, Londres).
Il était venu lui remettre un calendrier
de l'avent géant portant le slogan,
"Joyeux Noël, M. Green. S'il
vous plaît, soyez généreux
". Il apportait aussi des lettres
de jeunes préoccupés par
les droits des travailleurs fabriquant
les vêtements pour le groupe de
M. Green.
M. Green est cinquième dans le
classement des personnes les plus riches
du Royaume-Uni. Arcadia, groupe de magasins
de mode, est le premier distributeur de
vêtements féminins du pays.
Il possède sept grandes enseignes
(Dorothy Perkins, Burton, Top Man and
Top Shop, Wallis, Evans, BHS et Miss Selfridge).
Ses produits sont disponibles dans plus
de 2000 points de vente au Royaume-Uni
et dans un réseau présent
dans vingt autres pays.
Le Père Noël était
accompagné par des membres de Labour
Behind the Label (CCC-Royaume-Uni) et
de No Sweat, restés sans réponse
malgré de nombreuses tentatives
pour contacter M. Green. Les efforts du
Père Noël n'ont pas suffi
pour qu'il soit reçu, mais des
actions simultanées à Brighton,
Birmingham, Norwich, Bristol, Sheffield,
Northampton et Leicester ont permis de
maintenir une forte pression.
Trois jours plus tard, M. Green prenait
l'initiative peu coutumière d'aller
rencontrer personnellement les militants
devant le magasin de l'Oxford Circus,
mais uniquement pour leur demander de
cesser leur manifestation. Puis il a accepté
d'avoir une conversation téléphonique
avec Martin Hearson (LBL), mais n'a pas
depuis tenu sa promesse de poursuivre
les discussions.
Arcadia dispose d'un code de conduite
dont le contenu est relativement satisfaisant,
mais aucune information publique n'existe
sur la façon dont il est mis en
pratique, ni sur les modalités
de contrôle. Le groupe Arcadia n'a
engagé aucune démarche constructive
avec les associations du secteur, ni avec
les syndicats ou les directions d'usines,
sauf pour des affaires ponctuelles. Il
a refusé de rejoindre l'Initiative
pour le Commerce Ethique et est l'un des
rares distributeurs de vêtements
britanniques à ne pas l'avoir fait.
" Nous passons des contrats avec
toutes les usines qui fabriquent nos vêtements
et faisons de notre mieux pour garantir
le traitement équitable des travailleurs,
a déclaré M. Green au journal
The Gardian. Si les fabricants ne respectent
pas leurs engagements, nous cessons de
travailler avec eux ". LBL a rapidement
réagi et souligné le fait
que cette politique de retrait pur et
simple des commandes dans les cas de non-respect
du contrat n'aide en rien les travailleurs
concernés, mais les place même
dans une situation encore pire qu'avant.
Au milieu du mois de février,
Top Shop a annoncé la conclusion
d'un nouvel accord afin de mettre en vente
des articles en coton équitable
dans ses magasins. Il y aura désormais
des gammes produites par des sociétés
du commerce "équitable"
: Gossypium, People Tree et Hug. Pour
autant, ces nouveaux articles ne disent
rien sur d'éventuelles améliorations
des conditions de travail dans les propres
chaînes d'approvisionnement d'Arcadia.
Les profits de l'entreprise ont augmenté
massivement depuis son rachat par M. Green
en 2003. Il révélait sa
méthode en octobre 2005 : "Nous
avons continué à travailler
sur notre chaîne d'approvisionnement,
sur les délais et sur la demande
de nouveauté de notre clientèle,
avec d'excellents résultats. "
Toutes ces pratiques mettent bien entendu
la pression sur les usines des fournisseurs
qui entrent en concurrence pour proposer
le plus bas prix et les délais
de livraison les plus courts, avec toutes
les conséquences négatives
que cela implique pour les salariés.
Dans le même temps, Mark et Spencer
a commencé à recevoir ses
propres gammes de produits issus du commerce
équitable. LBL a salué ce
changement mais souligne que le label
Coton Equitable ne concerne que la production
du coton et non les autres étapes
de production des textiles et des vêtements.
Les distributeurs du "commerce équitable
" People Tree, Hug et Gossypium,
proposent des vêtements issus de
chaînes d'approvisionnements conçues
dans le respect du code de conduite établie
par la Fédération Internationale
pour le Commerce Alternatif (IFAT).
Pour plus d'information, voir www.labourbehindthelabel.org/content/view/20/57/
and http://www.labourbehindthelabel.org/content/view/34/51/